le Dieu Impatient

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« Écrire ! Verser avec rage toute la sincérité de soi sur le papier tentateur, si vite, si vite parfois que la main lutte et renâcle, surmenée par le dieu impatient qui la guide… »
Colette, La Vagabonde

 

28 Avr Vous m’inspirez

Entre nous, le courant passe déjà. Depuis longtemps. Depuis toujours. Je sais, je peux vous faire un peu peur au début. Déjà, je n'ai pas la beauté que j'aurai voulue. Dorian Gray, ce sera toujours un mythe ou un malentendu, ou les deux. Ma solitude, mes silences, ça peut vous indisposer aussi. Je sais, je n'y peux rien. Vous comprenez, je veux rester authentique. C'est pour l'après. Je ne dis pas que ce sera l'extase, restons calmes. Mais vous me découvrirez, et vous comprendrez. Et avec un peu de chance, vous m'aimerez. Un peu. J'ai déjà réussi. Un peu comme un séducteur...

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27 Avr « Pour l’Éternité »

Ni critique littéraire ni professionnel de l'écriture, mais amoureux fou de littérature et, je le serai de plus en plus, de théâtre. J'ai lu et profondément aimé "Pour L'Éternité" et j'aime être troublé par son épilogue inattendu. Je suis impatient de savoir si la pièce, une fois jouée sur scène, dissipera ce trouble. De l'autre côté de leurs vies, Nietzsche et Oscar Wilde se rencontrent et pactiseront. À ma surprise, il me fut plus facile d'adhérer au cynisme exigeant du premier, souvent mordant et drôle, qu'à l'esthétisme sentimental de l'irlandais à la "belle âme".  Wilde soudainement plus proche du "Secret des Dieux",...

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18 Avr Nine Sili Nebesniye

ces voix qui montent haut comme les arbres, au coeur de belles forêts de bouleaux. mon coeur qui bat tout d'un coup, comme s'il ricochait contre les écorces blanches, qui se réveille enfin, et s'envole aux canopées qui palpite et crie, qui retombe peut-être et s'étouffe dans les neiges alentours ou qui vole encore, sur les ailes de papillons d'hiver je n'y comprends plus rien, mais il y a encore plus de beautés, alors...

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14 Avr Lui, toi, elles, moi.

C'est sans doute mieux comme ça. Plutôt que de nous ennuyer avec ses jérémiades et ses hymnes à la beauté. C'est pour lui rendre service qu'on ne s'intéresse pas à lui, vous savez. Manquerait plus qu'il se prenne au sérieux ! Ce serait le début de la fin. On serait obligés de faire attention à lui et de rentrer dans ses pâmoisons. Tandis que là, il se tient bien coi. Il attend son heure, il espère encore. Il rêve de ses conquêtes futures, de la gloire et de l'argent, des femmes qui ne penseront plus que par lui. Continue, vieux...

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13 Avr Carpe Diem

Il y eut un échange de regard. Nous nous croisions dans la rue. Comme toujours, je ne marchais pas, je courais presque. Pourtant, j'eus le temps de m'effacer légèrement pour lui laisser le passage alors que le trottoir, à cet endroit, rétrécissait juste pour faire exprès. Alors nous nous sommes vus. Et j’ai compris. Le temps d’un coup d’oeil. J’étais déjà plus loin lorsque j'ai tout saisi. Cette crainte dans son regard, je n'en avais jamais vue de pareille. Une peur mortelle. Celle de la vieillesse livrée dans son entière fragilité. La vieille dame n'avait plus l'âge d'être regardée et convoitée depuis quelques...

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12 Avr Mireille

Cela devait faire des heures qu’il m’attendait. Le gros homme était assis à droite, juste à l’entrée de la salle. Sa place était cachée derrière des rideaux épais qui la séparaient de la terrasse. Le pauvre homme était à Paris depuis deux jours. Il était venu de Varsovie exprès pour moi, et je n’avais cessé de lui faire faux-bonds. J’avais finalement accepté le rendez-vous en toute fin d’après-midi, prétextant un retour de voyage pour lui proposer ce lieu de rencontre proche d'une gare et du bureau. Le Zimmer, place du Châtelet, se prêtait davantage aux amateurs de théâtres alentours qui grouillaient,...

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05 Avr Vous

Vous, encore vous. Toujours vous. Mais qui ? Celle qui peut m'arracher aux doutes, aux ténèbres, aux désespoirs qui m'assiègent. Une illusion, une chimère, une tromperie ? Vos seins ? Non, mais des coups de poignards de rappels aux ordres établis. Vos yeux ? Non, mais des lampes trop fortes qui éclairent des réalités fades et écrasées, qui sont bien comme ça. Votre sourire ? Non, mais la chaleur de cette cheminée que, seule, je continue d'entretenir comme l'espoir d'un miracle....

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05 Avr Baudruchou

Les deux pouces pressés à l'intérieur, les autres doigts serrés fièvreusement de l'autre côté de la ceinture, quatre à droite, quatre à gauche, il relève énergiquement celle-ci le haut d'un ventre qu'il pourra ainsi cacher. On racle encore la gorge haut et clair, au moins deux fois pour chasser les mauvais démons et faire place devant. Les dents font le reste, blanc de diamant, les joues fendues jusqu'aux oreilles. On peut faire son entrée. On sera vite rassuré. L'intérieur valait de le déplacement. Ils ont bien perdu de leur grandeur, on se fécilite, on s'adore. Cette entrée qui n'en est pas...

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