le Dieu Impatient

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« Écrire ! Verser avec rage toute la sincérité de soi sur le papier tentateur, si vite, si vite parfois que la main lutte et renâcle, surmenée par le dieu impatient qui la guide… »
Colette, La Vagabonde

 

27 Juil Mal au coeur

Cet homme ressemble à tous les autres. Pourtant, en lui, des passions différentes et que nul, sur terre, ne souhaiterait partager avec lui. Est-il profondément mauvais ? Ne s'achète t'il pas parfois, au prix de quelques gestes ou de quelque argent, des belles actions ou des bonnes conduites ? S'il reste discret, c'est qu'il n'a pas besoin de se bercer longtemps d'illusions et encore moins d'apparences. S'il est secret, c'est surtout parce que la solitude a hérissé autour de lui des murs si épais que nul ne peut vraiment voir ce qu'il a dans le coeur. Car lui seul le sait. Il sait que son...

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26 Juil Marche du soir

Marche du soir, pour ponctuer la fin de la journée et basculer, en toute conscience, vers les libertés que la nuit, peu à peu, va distribuer comme des gouttes de rosée. Pourtant, il fait encore très beau. Seigneur Soleil darde sur mes bras et mes jambes des rayons qui me picotent intensément d'une chaleur intense et profonde. Je suis aveuglé dans sa lumière forte et caressante. Je ne me suis jamais senti aussi jeune, fort, vivant. Que pourrait-il se passer de grave, lorsque nous baignons dans les ondes de bonheur, aux sources de toutes les bonnes énergies de notre univers ? Sur ma...

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24 Juil Rien n’est jamais oublié

Je crois que je ne peux plus sortir de chez moi sans, à un moment ou un autre, le croiser. Les jours passent, les lieux changent. Que je prenne à droite, vers la place Victor Hugo, ou à gauche vers le Trocadero ou encore plus loin, jusqu'aux profondeurs du Bois de Boulogne. Immanquablement, je finis par le rencontrer. Le petit homme est déjà d'un âge avancé et marche d'un pas lent mais assuré. Le cheveux blanc et rare sur une tête découverte, d'où s'échappe toujours une mèche ou deux au vent d'été. Les habits toujours les mêmes, ceux d'un petit monsieur des villes,...

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20 Juil À mes lectrices…

... J'ose cette formule un peu possessive avec chacune d'entre vous. J'ai un peu hésité... Vous devriez comprendre tout de suite. Ce n'est pas à la possession que je pense mais, elle lui ressemble un peu, à une grande proximité entre nous. La plus forte, la plus belle. Avec vous, votre visage immobilisé quelques secondes par la lecture, vos yeux qui suivent ces premières lignes, votre corps reposé un instant, disponible, attentif. Et avec ma pensée, qui vient au devant de vous et qui, pour des moments que je voudrais magiques, veut vous embrasser toute entière. C'est l'amour que je viens vous faire. En...

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16 Juil Un rêve

Était-ce vous, ma lointaine cousine, en ce rêve délicieux du petit matin ? Votre visage était au dessus du mien. Au début, je ne vous reconnaissais pas. Vous aviez vingt ans ou moins, votre beauté n'était pas celle que je vous ai longtemps connue, quand vous étiez déjà la mère de vos enfants. Pourtant, vous vouliez me rappeler à votre jeunesse, à votre beauté. Il m'avait semblé voir, dans votre joli visage, quelques signes du temps bien cachés, pour une merveilleuse transfiguration. Vous vous étendiez de tout votre long et reposiez votre corps chaud sur le mien. Je sentais déjà, contre toutes les...

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15 Juil Tu fermes les yeux

Tu fermes les yeux, porté par une musique de rêve qui atteint une densité douce et bienveillante qui te chauffe le coeur et que tu appelles le bonheur. Quelques bulles poussent l'air plus vite dans tes poumons et dans tes veines, c'est la contribution du travail des hommes, le fruit des vignes du Seigneur. Tes sens te caressent, jusque la vision de la beauté, d'une femme, d'un paysage, des deux peut-être en même temps. La vie vaut donc la peine d'être vécue pour de telles instants de communion. Tu pourrais mourir, tu sais que le sommeil va t'emporter dans des rêves qui, avec un...

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07 Juil suis-je revenu ?

C'est certainement sa poitrine saillante qui m'a fait relever le nez et pointer mon regard vers une telle promesse. Devant le magasin de fleurs, elle est en train de parler avec un jeune homme. Ils sont tous les deux habillés de noir, je comprends qu'il s'agit de l'uniforme chic de rigueur chez ce fleuriste branché de la petite place du Mexico, qui surplombe le Trocadéro. Elle n'est pas très belle, mais elle porte bien. Je n'ose pas retourner ma tête en sa direction pour revoir ses seins qui, à travers son corsage sombre et léger, m'ont semblés libérés de toute...

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