Ce qui est vraiment sûr

12 Nov Ce qui est vraiment sûr

Le ciel bas de novembre a le mérite de chasser nuages, croyances et illusions qui défllent sous le vent. Alors, il ne reste que deux certitudes. C’est ce que je me disais-je hier, en remontant les rues humides de la ville froide et hostile. J’allais vers le jardin du Luxembourg, comme le naufragé gagne l’île à la nage sans la perdre des yeux un instant.

Mon pas était pressé, mes pensées silencieuses : je ne voulais perdre aucune seconde de plus avant de retrouver mon asile de paix et de beauté. Une fois de plus, je fuyais les bruits, ceux des hommes comme les miens. J’allais retrouver ce silence qui me parle mieux que tout au monde. Celui des arbres dont la ligne se découpe dans l’air sans un mot. Pourtant, tout est dit dans leur élan vers le ciel, depuis l’enfouissement de leurs racines dans la terre douce et généreuse.

C’était la première certitude. Même encadrée dans un parc où, heureusement, la main de l’homme a sû la respecter, la nature est présente. Elle ne ment jamais. Elle ne fait aucune promesse, elle est toujours belle. Inspirante et régénératrice, elle est attirante et aimante pour ceux qui apprennent à la contempler, l’écouter et la respecter.

La seconde certitude a jailli en ma conscience presque au même moment. Je quittais la lecture de Christian Bobin. Oui ! Il y a la nature et, à côté d’elle, la littérature. C’est une autre certitude. L’écrivain ne ment pas, il ne promet rien. Il ne veut pas convaincre de lui-même ou d’un dieu quelconque. Il cherche et, parfois, révèle. Les prêtres, leur exemplarité et leur vérité me fatiguent, tandis que l’écrivain me rassure parce qu’il ne prétend à rien. Pas un écrivain comme Bobin en tout cas, comme cette multitude d’autres grands frères qui, heureusement encore, me consolent comme les beautés de la terre.

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