Lundi gris

16 Sep Lundi gris

Les feuilles qui tombent de plus en plus des arbres sont trempées par la pluie de cette nuit. Elles jonchent le sol, traînent dans les caniveaux, forment de tristes paquets à l’angle des trottoirs, comme des liasses de billets de banques jaunis et dévalués, qu’on aurait jetés là, au coin de la rue. Fini leur craquement sous le pied ou leur papillonnement dans l’air léger. L’été fut bien court, il fait déjà frais, le plafond du ciel s’y met aussi, qui descend de plus en plus bas, blanc et opaque, abaissant sur nous la toile de labeur et de routine, comme un linceul.

La ville dresse ses toits d’ardoises luisantes comme des créneaux de château fort. J’entends les bruits de la rue comme seule musique, qui recouvre l’effleurement du clavier. L’univers s’est rétréci d’un coup, rêves et voyages sont évaporés. C’est reparti pour dix bons mois.

1commentaire
  • louisdesagazan
    Posted at 08:10h, 20 septembre Répondre

    Aimé : le plafond du ciel s’y met aussi, qui descend de plus en plus bas, blanc et opaque abaissant sur nous la toile de labeur et de routine, comme un linceul. Et : « La ville dresse ses toits d’ardoises luisantes comme des créneaux de château fort. » images justes et inattendues !

Laissez un commentaire