Une proie

03 Juil Une proie

Elle parle en italien, vite, à haute voix, sans se préoccuper de ses voisins. Son téléphone collé à l’oreille disparaît dans ses cheveux chatains, raides et longs qui atterrissent sur un body noir très échancré d’où éclate sa peau bronzée. C’est lui qui, en premier, à attiré mon regard, sans que la poitrine que je devine à peine promette vraiment plus. Un bermuda en jean trop court découvre des jambes nues aux cuisses charnues sans être grosses.

C’est surtout sa voix. Vive, mouillée de nasalités caverneuses qui me vrillent les oreilles. Ce n’est pas une beauté, mais nous sommes en été. Il fait chaud. Nous sommes quatre autour ou en face d’elle, à la boire du regard. Celui qui est assis juste à côté de moi profite de sa barbe épaisse et de ses lunettes de soleil pour la fixer avec insistance. Tandis qu’elle, chewing gum en bouche mâché négligemment, nous ignore tous.

D’un coup d’oeil, je saisis la scène étonnante de quatre mâles, l’arabe à ma droite, le japonais et l’africain en face, et moi. Le même instinct primaire en chacun de nous. Comme des vautours un peu honteux, prêts à fondre sur leur proie au corps ferme et chaud, au premier signal. Au moins, me dis-je, je chercherais à la rendre heureuse, pour qu’elle en profite autant que moi. À regarder les autres, je serais sans doute le seul.

Et elle ? A t’elle conscience des brasiers que sa sensualité excite ? C’est ce que je n’ai pas encore compris avec elles, et leurs beautés éparpillées à tous les vents.

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