Suicide ou accident ?

16 Déc Suicide ou accident ?

– On ne sait rien, on ne sait pas comment…

Le téléphone collé à l’oreille, elle longe les façades et continue de parler.

– On ne sait pas si c’est un suicide ou un accident…

Je viens de sortir de la boulangerie, deux baguettes en main. Je l’ai croisée quelques mètres plus loin. Pourtant, je n’ai pas le sentiment qu’elle parlait fort. J’étais plutôt perdu dans des pensées vides et, comme toujours, pressé de rentrer.

Ce n’est que quelques mètres plus loin que je me suis rendu compte de l’énormité de ce que je venais d’entendre. À tel point que je n’étais pas sûr… J’ai recomposé et reconstruit le sens de mots qui résonnaient encore en moi. Cela m’a paru lent et laborieux, même s’il ne me fallut pas plus de cinq secondes.

Le temps de me retourner pour la voir, pour vérifier.

C’était une femme d’un âge qu’il était déjà difficile à définir. Elle n’était plus jeune, elle n’était pas âgée. C’était une parisienne, d’une beauté et d’une élégance moyennes, comme celles – pardonnez-moi – que l’on croise la plupart du temps.

Elle rasait les murs et les façades, revenait en arrière, le téléphone collé entre l’oreille et la bouche. Comme si elle n’osait aller plus loin. Par peur – que sais-je ? – de pénétrer dans l’un de ces immeubles qui se rapprochaient de nous où, sans doute, l’attendaient des fantômes.

Je tenais mes deux pains en main. Ils étaient chauds et rassurants. L’air était doux, délicieusement doux pour un midi de décembre.

Décembre de Noël et de fiel, de vie et de mort qui m’entoure comme jamais.

Oui… J’aurais aimé tenir la femme de mes rêves entre mes bras et la recouvrir de mes baisers et des mes joies.

En déversant toute ma bonne énergie, toute ma gratitude et ma reconnaissance d’être vivant. Elle revivrait. Moi aussi.

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