Le marcheur

20 Juin Le marcheur

Pour rien au monde, il n’aurait renoncé à ses marches quotidiennes. Lorsque l’après-midi commençait à décliner doucement vers la soirée, que la pression des tâches journalières baissait à son tour, ou qu’il jugeait qu’elles avaient reçu un traitement suffisant à cette heure, il sortait.

Le rituel était plus facile lorsqu’il faisait beau, encore plus s’il faisait chaud et que le soleil rayonnait dans un ciel bleu tâcheté de quelques nuages hauts et majestueux, et de trainées longues et blanches d’avions minuscules et lointains qui volaient en silence.

Il était temps, pour lui, de retrouver l’univers. De sortir son corps et son esprit de leurs routines, des soucis ou des ambitions de carrière, pour poser de nouveau le pied sur le sol, et avancer.

Il avait deux parcours privilégiés. Il ne choisissait jamais, il se laissait guider par l’humeur du moment : en bas de chez lui, il n’avait qu’à tourner à droite, en direction d’une avenue élégante, ou à gauche, vers le Bois de Boulogne.

L’inconscient, certainement, avait sa part : le sentiment de solitude le pousserait vers les trottoirs de l’avenue, une humeur plus méditative vers les allées du Bois, où ses pas s’appuieraient dans les allées terreuses et sablonneuses.

Les jolies femmes qu’il croiserait, comme tous les passants aux silhouettes, aux attitudes étonnantes ou amusantes, ou la magie de la lumière dans les arbres, les feuilles qui respiraient au vent, son énergie se rechargeait, son retour chez lui était toujours un triomphe.

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