Le grand mystère

26 Fév Le grand mystère

N’allez pas me dire qu’il s’agit de l’instinct primal de reproduction. Foutaises ! Oui, l’envie me prend de parler en notre nom à tous, aussi hypocrites et faux-jetons les uns que les autres. Et la question que je pose, c’est plutôt une affirmation :

Ne sommes-nous pas des prédateurs sexuels qui s’ignorent ou s’interdisent presque tout le temps ?

J’aimerais bien que la neuroscience se penche un peu sur le sujet, si ce n’est déjà fait. Noir sur blanc, qu’elle nous dise ce que nous regardons en premier lorsque nous vous croisons. Nous saurions quels sont les circuits que parcourent nos neurones pour nous mettre dans un tel état, (presque) à chaque fois?

Pour dire vrai, ça m’est un peu égal, je connais déjà le résultat chez moi. Mais si la science soutenait ma position, je me sentirais un peu moins seul, intellectuellement parlant. Et puis, ce serait dit sans vulgarité, sans obscénités, tout ce qui tourne autour du sexe est souvent si frustre et grossier. On apprendrait ce que ce que vous savez très bien, ce que nous nous refusons de nous avouer, et que des siècles de confessionnaux n’ont pas réussi à étouffer.

Le plus simple, c’est de l’accepter, non ? Je passe mon temps à me retourner sur vos silhouettes, sur les promesses de vos beautés, de vos voluptés, de nudités merveilleuses où il serait si bon d’aller célébrer la mienne. Le jour où je ne le ferai plus, je serai sans doute mort. Je n’ose pas m’imaginer la vieillesse, la mort du désir et de l’appétit. Sauf si on me promet un vrai paradis pour après, si vous voyez à quel paradis je pense.

En attendant la mort, le sexe, quel ratage ! C’est même ce qui peut avilir, asservir le plus notre pauvre condition. On y arrive vraiment pas. La disproportion entre le désir et sa réalisation doit être la plus grande de toutes celles qui nous déchirent. Un vrai mystère. Le grand mystère.

ce soir, Milan

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