La nuit

28 Mai La nuit

Comme mon chat, je pourrais passer la vie à dormir plus que tout. Surtout la nuit. Toujours trop courte, pour les amants comme pour les dormeurs.  Donc pour moi, car je suis soit l’un, soit l’autre…

( …Et l’autre encore, qui dort sur le canapé d’à côté, toutes griffes rentrées dans ses pattes coussinées au bout : la fascination que j’ai pour lui doit être suscitée par mon intuition de sa vie précédente… ou future, en l’état de félin plus ou moins domestique : beau programme !)

Au coeur de la nuit, le noir du ciel et du plafond forment le même voile. Il peut se déchirer à tout moment. Il me peut révéler alors les plus beaux corps, les plus belles émotions ou les drames les pires dans une nudité poétique, excitante ou violente. J’aime ces tissus qui se fendent et offrent d’autres réalités qu’ils dissimulaient, comme ceux du théâtre qui nous font basculer dans la beauté, le drôle ou la tragédie.

La nuit, plus de distances. Toutes les créatures dont je rêve toute mon existence, je peux enfin les toucher et les caresser. Il me suffit de lever le bras et de le remuer dans l’air opaque. Alors, je les possède toutes. D’un coup, elles sont proches et accessibles.

La nuit, on ne parle jamais. Tout passe par le silence, les coeurs et les corps communiquent et communient, cela suffit.

Comme l’amour des amants.

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