Épreuves

17 Mai Épreuves

Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec moi. »

Allant un peu plus loin, il tomba face contre terre en priant, et il disait : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. »

Tout a été dit et tout a été fait. C’est le plus beau et le plus profond des mystères de l’existence. Le Christ est passé là où je passe. Il montre le chemin. Il a vécu les épreuves et les peurs. Il a tout surmonté, parce qu’il avait en lui l’amour de Dieu.

J’ai compris il y a peu ce que “s’abandonner” veut dire. Rares sont les moments où, comme les combinaisons des cadenas même les plus compliqués, l’alignement juste permet l’ouverture. Celui du coeur et de l’intelligence. J’ai compris ce que je savais déjà à d’autres moments de ma vie mais que le le temps et l’oubli avaient enfouis.

Abandonner, c’est accepter. Les lamentations et la révolte sont certes normales, mais elles sont stériles si elles ne vont pas plus loin. Accepter, c’est se soumettre à un ordre éternel et divin. Une réalité qui dépasse ma propre perception, celle de la vie qui souffle aussi dans mon coeur sans que je l’ai décidé. Accepter, c’est reconnaître la présence et la douceur de Dieu en soi. Celui qui est au plus intime de moi, à tout moment, depuis toujours et pour toujours. Accepter, c’est ne pas comprendre, céder à cette vaine tentation de contrôle qui crispe ceux qui ont peur.

Abandonner, c’est aussi donner. Lorsque la coupe des peurs se présente à moi comme sur un plateau, il n’y a qu’à l’offrir plutôt que de la nier. Ces peurs qui me tenaillent au point de brouiller mon rapport à la réalité, à moi-même, aux autres. Je ne les rejette pas plus que Jésus qui n’a pas fuit le jardin des Oliviers. Je les prends avec moi, je les inclue à toutes mes espoirs, à tout ce que je crois être le meilleur de moi, et je les offre à Dieu. Dans l’ombre de Jésus et de sa Passion : il a tout vécu déjà pour moi.

Cette scène de Gethsémani m’attirait tout en me faisant peur. Je trouvais ce Père bien cruel d’imposer tel supplice à son Fils. Je viens seulement de la comprendre autrement. C’est justement parce qu’il voit son père que Jésus trouve le courage d’accepter l’épreuve. Il comprend la volonté de son Père, il découvre la dimension d’amour telle qu’elle va lui permettre de traverser l’épreuve.

Il a vécu les épreuves comme je les vis à mon tour. Il me suffit de le regarder pour les surmonter à mon tour : “Qui me voit voit le Père.”

1commentaire
  • Louis
    Posted at 10:00h, 17 mai Répondre

    Ouaouh ! Sauf le côté foi, qui m’échappe, je prends ton texte pour ce qu’il dit de la pleine acceptation de ce qui est là ! Si on y regarde de tout près : ce sont nos pensées qui nous embarquent dans les affres, rarement le pur réel du présent. Accéder à cette lucidité : tout un chemin, sans fin, dans lequel te voilà, me semble-t-il, en avance sur beaucoup ! ;-))

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