Le chant des oiseaux

18 Oct Le chant des oiseaux

J’ai fait un drôle de rêve cette nuit. Si je vais le raconter ici, c’est principalement pour ne pas l’oublier. Et, peut-être aussi, dans l’espoir qu’il sera lu un jour, et qu’il réjouira celui ou celle qui le découvrira, autant que moi lorsque je l’ai accueilli au creux d’un très profond sommeil.

Je rêvais que je montais au ciel. Mes bras étaient devenus des ailes dont la blancheur battait l’azur. J’étais poussé par le doux souffle du vent qui me portait vers un infini bleu clair et silencieux. Mon cœur et mon esprit ne faisaient qu’un, une vague d’amour et de joie m’inondait tout entier. Mon corps était devenu souple et léger, et mon regard était aspiré par l’immensité qui s’ouvrait à moi.

Je volais. Je devais aller très vite, car à un moment, je pénétrais la voûte céleste qui s’ouvrait à mon passage. Bientôt, le rideau du ciel s’écartait et me révélait la vue d’un jardin merveilleux. À perte de vue, je survolais des forêts aux arbres hauts, des collines et des rochers d’où coulaient des cascades qui se jetaient dans des rivières qui couraient le long de prairies à l’herbe tendre. Dans le ciel, le soleil illuminait le monde de milliers de rayons. Partout, des massifs de fleurs, des plantes multicolores.

Partout, des animaux, des hommes et des femmes, des enfants qui déambulent les uns avec les autres. Des groupes se forment et se déforment dans l’harmonie et la paix.

J’étais arrivé au paradis.

Mon vol s’achevait, et je choisissais le sommet d’un petit rocher pour aller m’y poser.

Bientôt, je voyais venir vers moi plusieurs personnes. S’il y avait beaucoup de visages que je n’avais jamais vus, je reconnaissais, parmi les premiers, ceux de mes parents. Ils étaient accompagnés des chiens et des chats de mon enfance.

Nous nous retrouvions comme si nous ne nous étions jamais quittés, dans la douceur des liens qui m’unissaient à eux, comme à tous ceux qui étaient autour d’eux.

Je me souviens que j’étais entièrement traversé par le sentiment de l’évidence. J’avais rejoint l’éternité, là où tout avait et serait toujours immuable : la vie, l’amour, les proches, les moins proches, tous les vivants…

Il n’y a eu qu’une seule surprise, et c’est peut-être ce qui m’a fait quitter ce rêve que j’aurais voulu sans fin. Là-haut, nous ne parlions pas. Tous nos échanges s’exprimaient de la plus belle manière qui soit. Nous chantions comme les oiseaux.

Mes ailes avaient disparu, je ne m’étais pas transformé en ange. J’avais repris toute ma forme humaine. C’est ma voix qui avait changé, comme celle de tous ceux qui étaient autour de moi, et tous les animaux aussi. Nous chantions comme les oiseaux. Une musique merveilleuse et joyeuse colorait l’air, les vents et les rares nuages de paillettes enchantées.

Au moment où j’écris ces lignes, derrière ma fenêtre, je surprends le vol d’un pic vert qui ne cesse, depuis ce matin, de traverser le jardin d’un sens à l’autre. M’attend-il, pour que j’aille écouter ce qu’il a à me dire ? Je vais le rejoindre, avec mon chien venu se coucher à mes pieds et qui attend la promenade.

Cette fois, je crois que je comprendrai l’oiseau, en ouvrant tout en grand mes oreilles et mon cœur. Mon chien, il sait déjà.

 

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