
Jeune homme, je me suis dit que j’aimais trop la littérature pour l’étudier. C’est pourquoi j’avais choisi la philosophie, parce que je pensais qu’elle ne m’en éloignerait pas trop. C’était le premier des nombreux détours que je n’ai cessé de suivre trop longtemps. Heureusement, je ne suis pas devenu philosophe. Plus attiré par l’action que l’étude, un peu poussé également par les nécessités de la vie, je suis rentré dans le monde de l’édition. Même si je ne m’éloignais pas là non plus de la littérature, je m’engageais sur des voies de plus en plus distantes de rêves d’écriture que je remettais toujours à plus tard.
Après avoir commencé ma carrière en éditant des très belles collections de livres pour enfant, la vie m’a invité à tenter l’aventure en Pologne, où j’ai vécu vingt ans. Éditeur cette fois de presse magazine grand public, notamment de titres féminins comme Elle, Elle Déco ou Marie Claire, j’étais très heureux d’évoluer dans un univers très féminin…
Le retour en France a été difficile, il m’a fallu une dizaine d’années, une lente reconversion dans l’édition numérique et particulièrement dans la production de livres audio et de podcasts. C’était avant de créer Zeteo. Un podcast de spiritualité qui, depuis son lancement en 2020, a autant évolué que moi… Au fil de rencontres merveilleuses, des suggestions de mes invité(e)s, dont beaucoup de femmes, ou de mes auditeurs/trices (le public du podcast est très majoritairement féminin), cette aventure continue de me transformer aujourd’hui.
Le développement très inattendu de Zeteo m’a surpris. Il m’a énormément apporté, et continue de me révéler, au-delà d’innombrables hommes et femmes merveilleux, un aspect de moi que j’ignorais complètement. Paradoxalement, cette place prise par ce podcast dans ma vie m’a embarrassée. J’avais d’autres rêves et d’autres désirs, tournés vers l’écriture romanesque, pas vers la spiritualité…
Finalement, j’ai réussi à m’arracher à mes doutes, à mon manque de confiance et de légitimité en écriture : Il y a quelques semaines, j’ai enfin réussi à finir un premier roman. Je l’avais commencé il y a plus de quinze ans ! Une longue traversée d’un désert aux rares oasis, parfois des avancées, souvent des reculades, beaucoup de doute et de découragement. Je viens de commencer à contacter les éditeurs, j’espère le publier prochainement. Je viens aussi de commencer l’écriture d’un nouveau roman.
Pendant toutes ces années, où, par miracle, oserais-je croire, je n’ai jamais renoncé complètement à mon rêve de devenir écrivain, j’ai continué à écrire en suivant deux rivières différentes. J’ai écrit des contes pour enfants, en pensant peut-être aussi aux grands… Et j’ai tenu ce blog du Dieu impatient.
Il compte quelques centaines de textes qui remontent, pour les premiers, à 2014. À chaque fois, des galops d’essais, des ébauches, des notes d’humeur parfois. Ce blog, comme les contes et le roman, est beaucoup plus personnel que le podcast Zeteo. Il n’y est pas beaucoup question de spiritualité… S’il y a un dieu que j’invoque ici, emprunté à la magnifique Colette, il ne ressemble pas du tout à ceux des religions.
Dans ce blog, il est beaucoup plus question, je crois, de la quête du sentiment de la réalité de ma vie, que je crois ne pouvoir recevoir que de l’écriture ou de l’amour des femmes. Je suis entièrement d’accord avec ce qu’a dit un jour le brillant Jean d’Ormesson, sur le plateau d’Apostrophes : « l’amour de la littérature et l’amour des femmes, c’est la même chose… »
Si vous souhaitez en savoir plus : guillaume@dieu-impatient.com