le Dieu Impatient

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« Écrire ! Verser avec rage toute la sincérité de soi sur le papier tentateur, si vite, si vite parfois que la main lutte et renâcle, surmenée par le dieu impatient qui la guide… »
Colette, La Vagabonde

 

03 Nov Recherche Colette, désespérément

J'ai écouté de nombreux fragments de ses interviews encore disponibles. Tout de suite, son accent rocailleux m'a intrigué. Il était le signe que cette Terrienne était profondément reliée à la nature, celle de sa Bourgogne natale. Des photos d'elle, au spectacle ou dans sa solitude d'écrivain, j'ai vu une beauté qui m'a éveillé, j'ai goûté une sensualité qui m'a enivré. De son existence mouvementée aux multiples métamorphoses et renaissances, j'envie toujours la liberté, l'énergie, le courage d'assumer et de faire face. J'apprécie de plus en plus son oeuvre, dont je découvre la richesse aujourd'hui. Tous ont magnifié la précision et la justesse...

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01 Nov Toussaint polonaise

Ici la fête d'Halloween qui amuse les enfants et les plus grands en quête d'émotions fortes. Là-bas, en Pologne, une fête de la Toussaint pleine de poésie, la foule dans les cimetières qui vient déposer en silence d'innombrables cierges sur les tombes. Au cours de mes années passées là-bas, j'avais pris l'habitude de les visiter la nuit tombée. Comme je n'avais pas d'ancêtre à honorer en cette terre étrangère, j'avais choisi d'aller rechercher une tombe abandonnée, que nul n'avait visité, et qu'aucune bougie n'éclairait. Il n'y en avait pas beaucoup, mais je finissais toujours par en trouver une. Alors, comme un...

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26 Oct Le retour de la Chauve-Souris

C'est la seconde fois que l'on me fait, à l'approche d'une demeure inconnue, la menace des chauve-souris (http://www.dieu-impatient.com/litterature/la-chauve-souris-et-la-bougie/). C'est donc un signe. Car je me souviens les conséquences de la première fois. Je pressens, assis sur la banquette arrière de la voiture, qu'il va de nouveau se passer quelque chose d'important. Avec l'autre main sur le volant, Kiki semble nous décrire de sa main droite le vol des rapaces nocturnes, ceux qui me terrorisent depuis mon enfance et ne veulent donc plus me quitter: - c'est le froid du dehors. Il suffit de laisser une seule fenêtre ouverte. Attirés par la chaleur,...

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25 Oct Écriture, joie de l’écriture

J'ai envie d'y aller d'un autre texte, encore ce soir. L'habitude devient quotidienne. Elle risquerait de me faire tomber dans une routine assommante et contraignante. Mais non, pas encore, pas ce soir. Il y a plutôt de la joie. Une vraie joie, profonde, qui grandit comme ce blog grossit, jour après jour. Prend des forces. Me rend davantage de force. Joie de l'écriture, qui promet d'être abondante et généreuse. Mais attention, j'ai peur de la banalité. Celle qui se cacherait derrière cette douce fraîcheur qui me nourrit alors qu'elle coule sous mes doigts et se répand en lignes faciles. Sur l'écran,...

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24 Oct Smileys

Ses smileys m’interpellent toujours un peu… D’ailleurs, je ne les comprends pas toujours. Surtout, il est le seul que je connaisse à utiliser le 0 pour la bouche. Pas de nez, et un menton souligné. Alors que pour les autres, le ) est le signe de la bouche, justement, qui peut marquer la peine ou la colère en se retournant en (. Ou alors, il y aurait un orifice entre les yeux et le menton ou la bouche ? Non, je crois que c’est la bouche, grande ouverte, étonnée, presque édentée, ouverte aux courants-d'air, un peu figée d’effroi aussi. Parfois,...

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23 Oct Un arrière goût d’eau plate dans la bouche

Pas de joie, pas de bonheur. Pas en ce moment. C'est rarement le moment d'ailleurs. Pourquoi alors vivons-nous ? S'il fallait faire le calcul des instants heureux de sa vie, Juliette sait bien que le total ne s'élèverait pas très haut, en pourcentage du tout. Alors, est-ce l'intensité qui compte? C'est ce qu'elle a envie de se dire. Elle se rassure en versant du thé dans sa tasse : cette couleur chaude du liquide bien infusé, bien mélangé, c'est un peu comme un beau mariage, d'une réussite. Une belle après-midi d'automne touche à sa fin. Cette douceur de l'air, les rayons du...

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22 Oct Faut pas rester avec les jaloux

Sa crinière blanche resplendit, la mise en plis date certainement de ce matin et les belles boucles fleurissent avec entrain son front de soixantenaire : Jacqueline, l'appelleront nous, Jacqueline donc ne cesse de clamer et de répéter autour d'elle : "Faut pas rester avec les jaloux". En face d'elle, il y a Huguette. Campée fière, elle recueille d'une joie bruyante les délicates confidences de Jacqueline. Elle est solide et bien bâtie, Huguette. On comprend qu'elle a choisi d'affronter gaillardement la décrépitude qui rode. Elle ne va pas s'en laisser compter. Le propos ne doit pas être triste. Elles déchirent l'air de rires...

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13 Oct mon petit homme

Profil aquilin tout en douceur, cheveux blonds comme les miens, où mes doigts s'enfoncent jusqu'à la paume pour une caresse qui lui est autant destinée qu'à moi : Ce frottement me rassure, la profusion de ses boucles me comble, comme la vue des blés montants balayés par le vent. Large sourire qui diffuse sa sensibilité et son charme. Tendres échanges, complicité des livres ou des jeux, surtout ceux que je lisais ou que je jouais, les mêmes, à son âge. J'essaie de lui transmettre mes bonnes émotions, je découvre les étoiles en lui qui brilleront bientôt. Peurs pour son avenir, craintes...

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12 Oct le Grand Bleu

Ce point dans l'espace, cette lueur qui naît et se rapproche. Il distingue quelques couleurs, du bleu surtout, du vert et peut-être du jaune. Leur clarté est merveilleuse et brutale, saisissante et inattendue. Partant de la droite, le rayon remonte vers son visage jusqu'à lui transpercer l'oeil gauche. Il ne ressent aucune douleur au contact de cette lumière qui l'envahit et le submerge. C'est le souffle maintenant qui, tout d'un coup, ralentit et s'inverse. Il est aspiré de l'intérieur, aussi vite qu'un gant qu'on retrousse. Il va tomber. La vie va s'arrêter. Elle va s'interrompre pour aller dans un ailleurs creux et cotonneux. Tout...

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12 Oct Saint-Cast

C'était à Saint-Cast, dans une pension de famille ou l'un des ces hotels chics des résidences majesteuses qui longent encore aujourd'hui la plage de cette jolie station balnéaire de la Côte d'Émeraude. Mes grands parents qui vivaient alors à Londres, avaient pris l'habitude de traverser la Manche tous les étés, accompagnés de leurs deux enfants. Comme beaucoup de leurs compatriotes, ils venaient trouver le soleil et la chaleur qui manquaient à Weymouth, Ramsgate ou Torquay. Mon père, marin dans l'âme, me raconta certainement les longues heures de navigation en Ferry Boat, mais je n'en ai pas gardé le souvenir. Non, c'est...

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