Sans aucune pudeur

22 Sep Sans aucune pudeur

Sans aucune pudeur, elle écrase les moustiques les uns après les autres, devant moi, sans même prêter attention à ma présence et mon coeur se serre de poisseuse solidarité pour ces insectes confrères…

Le téléphone en main qu’elle tient comme un poignard, elle fait défiler de l’autre les importuns messagers sous son doigt sec et tendu. Cérémonieusement et comme en tutu, ils apparaissent silencieusement sous le verre de l’écran, glissent là-bas de la droite vers la gauche et tentent une immobilité centrale, en haut, de face, comme de vraies proies en plein désert de cristal… Muet et figé, je vois tout du massacre alors qu’on est en plein Paris. Rien n’y fait. Ni le ton, ni le texte ni le smiley… Elle est aussi impitoyable qu’indifférente.

Alors, je comprends mieux l’absence de ses réponses à mes propres messages. Mais cela n’a rien de rassurant. Je me vois dévalé dans le gouffre à oubli des losers, effacés et détruits, et cela me rend encore plus furieux de haine envers eux et surtout envers moi.

Pendant ce temps, Madame continue de clavioter je ne sais quoi et de balayer loin d’elle les vivants, les pauvres aimants.

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