Recherche Colette, désespérément

03 Nov Recherche Colette, désespérément

J’ai écouté de nombreux fragments de ses interviews encore disponibles. Tout de suite, son accent rocailleux m’a intrigué. Il était le signe que cette Terrienne était profondément reliée à la nature, celle de sa Bourgogne natale.

Des photos d’elle, au spectacle ou dans sa solitude d’écrivain, j’ai vu une beauté qui m’a éveillé, j’ai goûté une sensualité qui m’a enivré. De son existence mouvementée aux multiples métamorphoses et renaissances, j’envie toujours la liberté, l’énergie, le courage d’assumer et de faire face.

J’apprécie de plus en plus son oeuvre, dont je découvre la richesse aujourd’hui. Tous ont magnifié la précision et la justesse du style. J’aime son regard incisif, la poésie et les silences, un humour mordant et le goût des paradoxes.

Cette écriture qui retrousse les personnages comme des gants, qui dévoile les artifices et rend une réalité qui semble domptée, pour le temps de la lecture au moins. Avec elle, l’humanité devient plus belle ou plus acceptable que celle de tous les jours.

C’est une marque de génie littéraire qui me fait vibrer, la même que je retrouve particulièrement chez Romain Gary.

Sa féminité, sa sensibilité féline et ses passions me subjuguent. J’oublie l’absence de maternité en elle, ce n’était pas son rôle. C’est l’étreinte de cette grande amante que je voudrais avoir connue.

Je crois qu’elle aurait su, si elle s’était jamais penchée sur moi, m’insuffler ses forces. Elle m’aurait encouragé. À mon tour de créer, d’oser, de me lancer tout entier dans un univers si semblable au sien, et qui m’attire tant.

Si je ne l’ai pas rencontrée, je la recherche dans ses oeuvres. Avec l’espoir qu’elle m’inspire et qu’elle m’envoie ses bonnes ondes, de là où elle est. Alors, je tuerai l’ennui, et tout ce qui lui ressemble, et laisserai enfin quelques lignes qui auront de la beauté et du sens.

Tags:
5 commentaires
  • Hélène
    Posted at 17:26h, 03 novembre Répondre

    Votre texte est émouvant. Colette vous aidera

  • Henri de B.
    Posted at 17:30h, 03 novembre Répondre

    Colette est infiniment présente dans la littérature d’aujourd’hui. Je vous souhaite de la découvrir et de vous laisser vraiment guider par elle. Continuez !

  • Mélanie
    Posted at 21:14h, 03 novembre Répondre

    Courage dieu impatient ! Cherchez, continuez de chercher, c’est la quête qui compte le plus

  • louis de Sagazan
    Posted at 13:09h, 04 novembre Répondre

    Oui ! Courage ! Audace ! Camarade dieu ! Au boulot ! Mais gare (si je puis me permettre) : je crains que le style fin XXème/début XXIème ne soit déjà bien poussiéreux, à l’instar de ces sempiternelles « autofictions » que la mode nous sert sans plus de faim…
    En fait, cher dieu : partez à la conquête de votre propre liberté, de votre propre alliance avec les mots -butinant ici ou là à l’occasion, bien sûr-, mais surtout ! Oh la la ! Ecrivez comme il vous plaît d’écrire ! 🙂

    • guillaume
      Posted at 21:04h, 04 novembre Répondre

      Louis,
      Ne fais pas semblant de te méprendre, et ne te moques pas trop de moi. Je ne suis pas ce dieu-là et aucun autre, tu ne le sais que trop bien et depuis trop longtemps, frère… N’as-tu pas compris que c’est Apollon qui ordonne et m’aveugle de ses caprices fous, d’offrandes qui me dépassent et de beaux sacrifices ? Je m’emploie à le servir du moins mal que je peux, et du temps trop rare que les hommes me laissent pour me consacrer à lui.
      Prie pour moi plutôt, puisque tu me disais avoir un dieu aussi, pour que je parvienne à nourrir le mien.
      Guillaume

Laissez un commentaire