Vide

27 Sep Vide

C’est à ce moment que le vide me semble béant, effarant et étourdissant.

Mon téléphone vient de glisser de la main. Je l’ai reposé négligemment sur la table, sans me rendre compte, concluant de ce geste une journée d’actions, de contacts, d’échanges, de dialogues et de rencontres.

Pour me retrouver seul, au côté de ce vide.

L’intensité de sa noirceur me tente, tant il me semble qu’il n’y avait rien d’autre, aujourd’hui, que du vent, des vagues, des bruits et des paroles creuses. Beaucoup de tentatives humaines autour de moi, autant que les miennes, dont il ne reste que des miettes. Rien qui me retienne de ce gouffre qui, par sa solide présence, proclame une réalité plus forte que toutes les autres.

Il exhale de l’abîme un souffle glacial qui parcourt mon corps et l’entoure d’une froideur palpable, enrobante et cruelle.

Je suis seul.

Qui, maintenant, touche ma peau ? Qui m’embrasse de sa chaleur et de sa présence réconfortante ? Qui m’enivre de son parfum, de sa grâce et de ses charmes ?

Je suis seul, et j’ai le sentiment que toute l’énergie, tout l’enthousiasme, toute la sympathie que j’ai communiquée aujourd’hui vient de s’écraser comme une crèpe contre un mur… qui dégouline maintenant et s’écrase sur le sol.

Il n’y a même pas de silence, les rumeurs de la ville couvrent l’atmosphère d’une moiteur poisseuse et nullement réconfortante.

La nuit galoppe et vient à son tour m’enlever dans les mirages du sommeil et de l’oubli.

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