Une bougie

12 Nov Une bougie

Je regardais une bougie. La journée avait été longue, plus hivernale et froide qu’une morne et usuelle journée de novembre. La lumière que j’avais cherché dans mon coeur, j’étais venu la provoquer sur le bâton de cire qui, à quelques centimètres de moi, tremblait en silence.

Je la regardais si longtemps que, bientôt, plus rien autour d’elle ne semblait exister.

Bientôt, des traits dorés, des formes fantastiques se formaient en prenant toujours leur source au coeur de la flamme. Je commençais à percevoir des beautés, les volles de navires en partance, des galaxies d’univers rayonnants et aimants, des rires et des femmes heureuses qui couraient dans les champs de blé.

J’eut la grâce de comprendre. Il ne fallait surtout pas cligner des yeux. Il me fallait interdire que ma raison ou mes peurs revenues balaient le miracle d’un battement de paupière. J’ai compris. Ce nettoyage de la cornée que la raison exige pour voir plus clair, le rappel aux fausses certitudes n’avaient plus autorité sur moi.

Quelque part, la nostalgie, la tristesse de la journée m’avaient vaincues à un tel point que seuls les anges, que j’avais appelé à mon secours, pouvaient transformer.

Maintenant, il y avait de l’or et de la lum!ère partout autour de moi. Je marchais dans un jardin à la pente légèrement arrondie, il me suffisait de suivre l’inclination douce et légère de l’attraction et glisser mes pieds sur une herbe caressante.

À chaque pas ou presque, des femmes merveilleusement belles m’attendaient. À  mon passage, elles dévoilaient leur corsage et m’offraient leur sein, nu et beau comme une outre de miel. À chaque fois, je répondais à leur appel en appuyant profondément mes lèvres sur leur chair. Je buvais leur chaleur, leur tendresse et leur sensuelle tendresse qui me prenait tout entier et me ressuscitait.

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