Tu as mal agi

28 Juin Tu as mal agi

En réalité tu le sais très bien. Mieux que moi, puisqu’il s’agit de toi.

Maintenant, tu ne sais pas comment vivre avec ça.

Certes, la vie n’est pas simple, avec tous ses plis et ses replis, comme le visage d’un vieillard tellement ridé qu’on ne saurait plus reconnaître son visage de jeunesse. Tu ne penses pas avoir agi pour le mal, et je serais bien mal placé pour t’éclairer à ce sujet.

Alors, pourquoi tes actes ont-ils engendré des souffrances que tu ne voulais pas ? Le pire, c’est que tu les répètes, et que tu ne sais plus comment t’en sortir. Y a t’il une fatalité ?

Enfin, je ne suis pas si sûr. Je ne te connais pas aussi bien que toi. Parfois, je ne sais pas si je devrais te dire à quel point tu m’as fait mal. Parce que je ne voudrais pas te faire du mal, à mon tour. Je sais que plus tu agis mal, plus tu souffres, je ne voudrais pas en rajouter. Et puis, tout est ambivalent. Je ne voudrais pas non plus t’offrir une telle joie. Car si je suis assez naïf, j’ai quand-même l’impression que tu pourrais te réjouir à l’idée que j’ai souffert de toi.

Je ne pense pas pour autant que tu sois plus mauvais que les autres. Nous avons tous nos ombres et nos lumières, je connais trop les miennes… La souffrance que tu infliges, à moi comme à d’autres, c’est aussi une manière de te rassurer, je le sais. C’est à double effet : tu as l’impression que le malheur a changé d’âne, pour un instant. Et tu éprouves ce sentiment qu’à défaut de susciter l’amour, parce que tu crains tant d’en être incapable, tu peux susciter autre chose de vivant, ô combien vivant… C’est une autre manière de s’assurer de l’existence, entre deux souffles vides et noirs de doute. Les tiens. Les miens parfois aussi.

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