Résistances (Une dent en moins)

09 Jan Résistances (Une dent en moins)

Quelles sont nos résistances ?

Nous n’y comprenons rien, avouons-le…

Les tiennes, les miennes…

Aimer, être aimé. Qui nous retient-il dans nos destinées ou nos attachements ?

J’allais écrire que j’aimerais le savoir. Mais en fait je le sais très bien. Je l’ai lu dans les yeux des Maîtres, dans leurs livres. Leur parole résonne encore entre mes deux oreilles. Il paraît que l’ennemi principal qui m’éloigne cruellement des félicités, c’est moi. Pour toi, c’est pareil, pas besoin de chercher plus loin. C’est toi. Toi aussi.

J’écris avec une dent cassée, en pleine devanture. La honte, le genre de truc qui ne s’écrit pas, sauf que je suis tellement fait – ou malfait, que ma mère soit bénie ! – que je ne sais rien faire d’autre. Qu’écrire…

Nous irons vite cacher ça et le bien maquiller demain chez le dentiste, pas de problème. Ne t’inquiète pas, le rendz-vous est pris. Bonne assurance bonne mutuelle, deo gracias ! Et puis, j’ai appris à faire semblant comme tout le monde, et dans quelques heures il n’en sera plus rien.

N’empêche ! Tu n’étais pas là, tu ne peux pas savoir. Quand j’ai ressenti le choc, en bouche avant, je ne te dis pas. J’ai compris tout de suite. La décrépitude, l’effroi, Houellebecq avant l’heure, Céline à Meudon… La panique totale !

Mon thème de ce soir est trouble. La dent n’est que matérielle, je nous rassure, nous avons trouvé spécialiste et recolleur dès demain matin puisque l’urgence ne nécessiterait pas ce soir. Paraît-il.

Je crois que je sais maintenant où est ma voie et ma félicité. Des années de quête un peu tristes m’ont permis de trouver le chemin. Mais je suis comme toi. Je ne comprends pas encore très bien ce qui m’empêche de débouler sur mon boulevard.

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