miserere

05 Nov miserere

de mes doigts mouillés et dégoulinants sur le clavier, tant pis, car j’ai dû ressortir de mon bain pour écrire ça avant d’oublier

et j’ai laissé sur le sol les empreintes de mes pieds mouillés, elles montrent déjà la voie, je l’ai vu après…

car j’ai le culot ou l’audace de croire que ça en valait la peine, d’écrire cela…

tu sais, l’oubli, le drap de tous les jours au millions de replis, qui cachent et effacent tout aussi vite que les secondes, que les milliers de fractions qui se glissent entre elles, tu sais aussi, car cela ne suffisait pas : les secondes, tu peux encore les casser en milliers puis en millions, les sournoises… c’est comme les atomes, à te donner le vertige et le regret d’être né, toi qui te décristallises à chaque instant…

écrire tes seins, oubliés, cachés, toi qui voudraient tant les révéler dans leur beauté, les libérer et les balancer dans l’air et dans le regard des hommes qui t’aimeront pour tes seins, déjà pour tes seins

tes beaux seins, pleins et fermes, aux pointes qui ne demandent qu’à être caressées, prises, avalées, dressées comme les pics du désir…

ou toi ? écrire ton sexe, dressé inutilement et sur lequel tu tireras désespérément et seul ? Pauvre vieux, la lampe d’Aladdin n’existe pas, tu devrais le savoir…

et toi encore, ton sexe comme un abîme abandonné et affamé dont je ne veux encore rien dire ?

toi, et tes ornements pour l’amour, tes beaux ornements d’amour, tes tristes ornements d’amour, délaissés, ignorés ? ton corps fait pour l’amour, et qui auras si peu aimé ? si peu partagé, si peu touché, si peu communié ?

tes ornements, les auras-tu assez donnés, les auras-tu assez offerts ? auront-ils vibrés comme ils le devaient ? te faire vibrer, faire vibrer tous ceux à qui tu aurais dû distribuer ton amour et ta beauté ?

qu’as tu fait des promesses de ta naissance ?

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