L’ombre de Dorian Gray

30 Nov L’ombre de Dorian Gray

Il se croit très beau. Presque aussi beau que Dorian Gray.

C’est surtout lorsqu’il se regarde de son oeil intérieur. Lorsqu’il remonte les rues à la recherche des belles, au croisement des visages où il recherche l’échange, déjà, des sourires, des esquisses de rencontres, des premières promesses.

Il marche et ralentit rarement son pas. Pas la peine de s’arrêter sur reflet vite évanoui, cette silhouette et ce visage que lui renvoient parfois les vitrines et les glaces indifférentes des ruelles éclairées et animées.

Cela n’est pas ça. Ce serait un malentendu, se dit-il. Et il avance plus loin le pas, avide de ce que les prochains mètres, l’espace et le hasard pourront lui offrir.

Et le temps monte, comme une mauvaise marée. Ses vagues alourdissent son corps et son visage de leurs plis successifs et rituels.

Que reste t’il du jeune homme, de son idéal de beauté ?

Si ! Encore quelques mètres ! Quelques rues à arpenter… Elle surgira bientôt, elle le reconnaîtra, elle le sauvera.

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