Les petits carnets

01 Mai Les petits carnets

Je suis devenu friand de Kim Yung Un. Sur internet, je guette toutes les sessions photos du gros bébé joufflu à la chevelure choucroutesque. Il est presque toujours hilare, avec parfois, la cigarette au bec : on ne s’en laisse pas compter. Il lui arrive d’avoir l’air très sérieux et expert, lorsqu’il est aux manettes d’un tank, d’un avion ou d’un missile à longue portée. Ça vaut mieux, c’est rassurant que de tels joujoux ne tombent pas entre n’importe quelles mains.

Mais ce que j’aime le plus, ce sont ces floppées de vieux généraux aux casquettes paraboliques qui le suivent partout. Ils sont toujours légèrement en retrait. On sent l’amour au coeur qui bat fort sous les sangles de leurs uniformes. À chaque fois, un fascinant mimétisme sur leurs visages qui imitent toutes les expressions du bon guide qu’ils observent scrupuleusement.

Le sommet, ce sont les petits carnets. Pas un qui n’ait pas le sien dans une main, un stylo dans l’autre. Les photos ne parlent pas, mais on devine bien qu’ils notent tout ce qui émane de leur imposant leader, ses paroles, ses sourires, ses grimaces, ses haussements de sourcil, ses silences.

Le spectacle de ces courtisans zélés et disciplinés n’est pas sans m’émouvoir, en me rappelant les comédies auxquelles nous nous livrons nous-mêmes sans cesse auprès de nos puissants. Si elles sont aussi ridicules, j’espère seulement qu’elles sont moins visibles.

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