L’emmerdeur

04 Avr L’emmerdeur

C’est Kundera qui remet ça, il paraît. Le phraseur, le moraliste sans en avoir l’air, des années tchèques à jamais perdues, libéralités et communisme gris, chères fraîches et jeunesses, discours qui s’étalent en longueur. Il m’en a appris pourtant, avec sa façon bien à lui de décortiquer la réalité sous une fausse froideur slavo-germanique et de l’étaler, bien crue, bien vivante, sexuée et, finalement, légèrement vide, comme il dit…

Alors ça me donne envie, vous comprenez. Peu comme lui m’ont jamais autant donné envie d’écrire, depuis Alphonse Daudet. Est-ce parce que je ne lisais que des traductions? L’absence de style me rassurait. Tout d’un coup. Cela me semblait faisable d’essayer de l’imiter.

L’emmerdeur, bien-sûr, c’est moi. J’empêche mon petit monde de tourner en rond, et je m’en veux si je les fais souffrir. Ce n’est pas faute d’essayer d’assurer, mais je n’y arrive pas toujours, pas bien. On finit d’ailleurs pas s’y habituer, et on guette les signes dans le vol des oiseaux.

Cette fichue écriture, vous comprenez. C’est de sa faute. Elle m’obsède, me hante, me harcèle. Il n’y a qu’elle qui détient mon bonheur et le sens de ma vie. Bien dissimulé, là, tellement bien. C’est qu’il ne doit pas trop exister à la fin, à se cacher comme ça.

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