L’autre côté

12 Juil L’autre côté

Combien de fois ?

Il n’y en a pas eu tellement. Pourtant, l’intensité de chaque voyage est telle que leur rareté a suffit pour me convaincre.

Parfois, l’au-delà ressemble aux jungles d’Amazone, où la végétation fusionne en une fluidité d’énergie formidable et continue où je m’enroule moi-même comme une liane amoureuse autour des arbres venus à ma rencontre. D’autre fois, c’est une explosion d’étoiles des nuits du désert, où leur scintillement répond à l’unisson aux palpitations de mon coeur pour le faire battre dans tout l’univers.

Pour prolonger la joie profonde de ces départs, puisqu’ils ne durent jamais, j’ai trouvé un remède qui fonctionne presque à chaque fois. Je ferme les yeux un temps, et bientôt j’accueille en moi  des lumières et des vibrations qui dansent sous mes paupières pour des secondes ou des minutes délicieuses.

Il y a aussi des vides où rien ne se passe. Je ne vois ni ne sens rien. Pas une image, aucune émotion non plus, pas même moi ou l’ombre de moi-même. Alors, l’envoûtement fait place à l’effroi. Heureusement et jusqu’alors, je suis toujours  revenu à moi.

Je suis voyageur. Mes rêves sont aussi importants quand je suis éveillé qu’endormi. À chaque fois, c’est une femme entourée d’anges qui m’emporte et me conduit sur le navire de son corps où j’aime tant m’amarrer en fusionnant toutes les parties du mien de l’étreinte la plus forte que je peux.

C’est aussi une femme qui me sauve du gouffre et me réveille du néant.

Sans les femmes, je ne peux rien.

J’ai pris l’habitude de ces départs : il était sans doute dans ma destinée de saisir que le temps n’a qu’un temps et qu’il faut le dire. Sans doute, l’effroi des noirs béants m’enseigne aussi la nécessité de la conquête vers la beauté de la vie.

Oui, j’ai compris de tous ces allers et retours que le meilleur se prépare, pour l’éternité.

Pas de commentaire

Laissez un commentaire