La force du coureur de fond

19 Juil La force du coureur de fond

Je suis un coureur de petites distances. Plus elles sont courtes, meilleur je suis. J’ai souvent confondu ma vie avec les foulements pressés de mes pas sur la piste : tout était être obtenu rapidement et sans trop de difficulté, hormis la forte poussée d’énergie initiale, instinctive et sans réel effort. Le but était atteint, le jeu gagné.

Au contraire, les courses de longues distances m’ennuyaient. Je n’y montrais aucune disposition, aucun goût non plus. Je n’avais ni la patience, ni l’humilité, ni la discipline de celui qui sait que le parcours sera long, que le terrain sera plus accidenté que le bout d’un tour de piste dans un stade.

Mon intelligence fonctionnait comme les yeux du sprinteur : je voyais déjà l’arrivée, je la sentais instinctivement. La réalité de la course en devenait secondaire, à tel point que je l’ai souvent mal courue. Pourtant, je ne compte pas les rêves où je gagne les courses, les cuisses en feu, le coeur battant à tout rompre. D’autres rêves encore, où une puissance mystérieuse m’empêche d’atteindre ma vitesse de pointe.

L’énergie du coureur de fond est différente. Et si je sais que je ne me transformerais pas en marathonien, je veux bien adapter ma vie intérieure à son image.

Les forces spirituelles sont subtiles. Ni explosives ni spectaculaires, elles sont douces et constantes. L’homme qui prie reçoit un double fruit. Le premier, celui de l’énergie et du calme du moment, où il puise sa force quotidienne. Le second, celui de la lumière et de la paix que procure l’expérience de la présence de Dieu.

 

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