Je n’ai pas vu

17 Jan Je n’ai pas vu

Je n’ai pas vu…

Que vous m’aimiez… Que vous m’appeliez…

J’entendais vos appels, je distinguais vos besoins… Mais je n’y comprenais rien. J’étais trop englué dans mes propres attentes. Je cherchais autre chose. Mes désirs, mes besoins ne me portaient pas vers vous. J’étais aveugle, tant j’ignorais ce qu’il y avait en vous.

J’imagine parfois une île déserte. Moi, naufragé misérable et errant depuis des heures et des jours. Tout d’un coup, il est une silhouette qui se dégage des vapeurs du lointain. Un homme, ou une femme qui se rapproche de moi. Il est encore trop tôt pour le savoir.

Le miracle se forme et se confirme à mesure que la distance entre nous se réduit, jusqu’à s’anéantir. Le destin a choisi. C’est toi, en face de moi. Moi, en face de toi. Je ne sais rien de toi, pas plus que toi de moi. Peu importe à cette heure que tu sois homme ou femme, doué ou non du potentiel érotique qui était pourtant le seul en lequel je croyais jusqu’à cet instant.

L’humanité est sauvée puisque l’échange est sauvé. 

J’ai été longtemps aveugle. Je suis béni ce soir d’une lucidité probablement provisoire mais dont je me réjouis quand-même.

Je me réjouis de toi qui me sauves de moi.

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