du procès et des rêves

09 Nov du procès et des rêves

C’est une de ces périodes dont j’ai toujours sû qu’elle se produirait quelques fois dans ma vie. Depuis que j’ai rencontré mes grands maîtres, à la fin d’une adolescence brumeuse, j’ai compris qu’ils me serviraient de tuteurs, à leur manière, et que ma vie, plus tard, m’offrirait quelques nouveaux cycles où je les revisiterais…

Ces auteurs qui m’accompagnent au quotidien, les piliers qui soutiennent et éclairent souvent, à moins qu’ils ne les orientent parfois, mes labyrinthes intérieurs. Le cercle s’est un peu élargi avec le temps, mais il n’est pas très grand : Kafka, Dostoïevski, Céline, Baudelaire. Albert Cohen, Romain Gary et Colette un peu plus tard. Gide plus récemment. Il peut y en avoir quelques autres, l’énumération n’est pas importante : ils m’habitent, c’est déjà beaucoup.

Je relis donc “Le Procès” de Kafka en ce moment. Pour la seconde ou la troisième fois. Et ce qui me frappe le plus aujourd’hui, c’est la ressemblance entre le déroulement de l’histoire et celle des rêves. De mes rêves, sans doute pas que les miens. Tous les personnages qui apparaissent et croisent Joseph K. semblent avoir été créés uniquement pour lui. Ils savent tout de lui, ils n’existent que par rapport à lui, ils surgissent du fond de chambres sombres comme s’ils l’y avaient toujours attendus…

Je me sens lu de l’intérieur, retroussé comme un gant dans les explorations et les détours de Joseph K. qui semble se débattre contre une force fatale et déterminée. Il est dangereusement bon et nécessaire de s’engourdir parfois, et de mettre ainsi de la lumière dans nos ténèbres. Voudrais-je m’en réveiller ?

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