Décrochages

07 Sep Décrochages

Cela ne dure jamais plus de quelques secondes… En fait, c’est tellement rapide que je ne pourrais même pas vous dire si cela dure vraiment plus qu’une fraction de temps… À peine ai-je pu m’en rendre compte que cela disparaît pour un retour à la normale. Pour revenir une autre fois, un autre jour ou quelques heures plus tard. Je ne sais jamais. C’est très rare et ne prévient jamais.

C’est comme une fréquence qui saute. Vous savez, sur une radio ou une télévision, quand l’image ou le son décrochent sans produire un effet compréhensible ni même logique… On tape sur le poste mais ça ne donne rien.

Et alors, c’est un basculement. Un instant, je ne sais plus qui je suis, où je suis… C’est le blanc total, une chute dans le vide.

La seule chose que je comprends alors, c’est que l’univers est infiniment plus grand que ce que je m’imagine au quotidien, et que ce tout que je pense, ce que je crois, tout ce qui relie mes sensations et mon identification n’est qu’une image qui correspond très faiblement – d’une faiblesse immensément petite et grande à la fois – à une réalité infiniment englobante. (Petite à la mesure du monde, grande à la mienne, mais vous l’aviez compris).

Je l’ai dit, cela va très vite. Je n’ai même pas le temps de m’inquiéter… La défraction qui se produit alors m’ouvre sur des sensations vertigineuses… Y aurait-il, tapis dans l’ombre, un fauve prêt à me posséder dès que j’ai les paupières fermées ? Lors de contrastes extérieurs lumineux très rapides, ou de mouvements du corps un peu brusques, j’ai bien remarqué les danses multiples qui s’agitent et illuminent le noir de mes yeux clos de flammes et d’étoiles virevoltantes qui mettent toujours de longs moments à disparaître.

Comme s’il y avait des mondes subtils, prêts à m’envoûter ou m’emporter, en me dégageant des mes tristes finitudes.

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