Dans la chambre bleue

05 Fév Dans la chambre bleue

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József Rippl-Rónai, Femme à la cage, 1892

 

Vous avez fermé les yeux. Je ne sais quelles pensées, quelles images flottent derrière vos paupières, mais j’aimerais tellement y être.

Il est possible que vous soyez loin déjà. J’espère que non, mais je ne le sais pas non plus. Vos lèvres se sont closes à leur tour.

Et pourtant je reconnais les émotions qui fleurent à votre visage. Votre bouche qui frémit dépose à ses bords les plis qui esquissent vos sourires. Vous semblez ne pas me voir, vous avez peut-être oublié ma présence.

Au moins, je peux poser mon regard sur vous et boire votre beauté sans peur d’être intimidé par vous. C’est comme un petit viol peut-être, mais vous me le permettez.

J’admire la grâce de votre équilibre et de votre corps, légèrement cambré en arrière. Comme si vous ne saviez pas encore s’il faut reculer ou bondir en avant. Je ne vois rien de ce corps mais je crois entendre le frottement de la soie de vos épaules, de vos seins et de votre taille qui suivent l’harmonie silencieuse de votre respiration et qui vaguent le tissu des flux et reflux les plus doux.

Vos yeux sont toujours clos, pourtant la lumière qui filtre vos cheveux et qui rebondit sur vos épaules disent le jour. Vous ne dormez donc pas. Comme moi, qui rêve les yeux ouverts.

Le long de vos joues et jusqu’à l’ovale de votre menton, je sais les ondes qui remontent de votre ventre et de votre poitrine et qui se manifestent en picotements et en délicieuses rougeurs. Et je vais jusqu’à votre front, lisse et muet comme un étranger.

Quelle est donc cette émotion qui vous chavire à ce point ? Ouvrirez-vous les yeux pour me dire ?

Est-ce l’amour qui pointe en votre coeur et qui se fait connaître ? Je n’ose vous éveiller tout à fait, mais je brûle de savoir. A t’il mon visage?

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