Crépuscules et dieux

17 Fév Crépuscules et dieux

Des brumes de mon adolescence surgit, fantasmagorique, le château de Neuschwanstein, la beauté de Ludwik, sublime roi des ombres, et le génie enchanteur de Wagner. Il y eut le film envoûtant de Visconti, il y eut surtout les ouvertures et les préludes ensorcelants de Tannhäuser, de Parsifal, les mouvements sublimes de Tristan, de Lohengrin, les transports lents vers l’Or du Rhin.

Visconti encore, et la fascination de la beauté de Tadzio, le chant funèbre de l’artiste dans « la Mort à Venise », que j’ai lue ensuite chez Thomas Mann.

Ces beautés me hantent. Ne sont elles pas les mêmes que celles du Prince Muychkine, celles qui sauvent le monde ? Je ne peux me résoudre à une lecture morbide de ces chefs d’oeuvre.

J’allais mal ce matin. J’étais noué par le quotidien. Je partais en voyage, une fois de plus, même si la destination était, de loin, ma préférée du moment. Il n’a fallu qu’une passagère, assise à côté de moi, pour que mon coeur et mes sens scintillent à nouveau. Fine, jolie, inaccessible, une parisienne chic et bien née, une de plus. J’allais déjà mieux.

C’est toujours la beauté qui me remet en vie.

Londres

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