chez Gilles et Krysia

10 Août chez Gilles et Krysia

La journée est tombée.

Peu à peu, le silence s’est abattu comme une toile sur nos mouvements qui, déjà ralentis dans la torpeur de l’après-midi d’été, semblent s’être figés ce soir pour nous préparer au sommeil.

Telle l’eau de la piscine, qui vibrait quand nous l’agitions tout à l’heure au battements de nos corps et de nos nages joyeuses.

Maintenant, c’est un miroir où le ciel, peu à peu, s’éteint.

La surface est lisse et froide. Elle est muette comme une bouche qui se ferme avant de dire un mystère.

Des rires entendus au loin n’y ont rien fait. Aucune onde n’est venue troubler le marbre sombre et profond, ils se sont dispersés dans l’air. Les croassements de quelques grenouilles, ceux d’oiseaux de passage ont percé un instant le crépuscule. Puis, ils ont disparu, eux aussi.

Une douce symphonie de chaleur et d’été monte quand les criquets commencent à chanter tout autour de moi. Se sont-ils rapprochés pour me saluer et m’inviter à leur tour ?

Je crois plutôt qu’ils gardent le sanctuaire.

Celui de cette eau qui, couchée à mes pieds, m’offre le scintillement des premières étoiles.

Il n’y a pas un nuage. La voûte sombre qui s’élève vers la nuit infinie se zèbre encore de quelques traînées blanches. Ce sont les avions qui emmènent loin les hommes.

Ici, je bénis cette terre, cette paix et ces amis qui m’accueillent.

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