Are you fuckable ?

05 Juin Are you fuckable ?

C’est une question de bon dosage, comme disait le regretté Albert Cohen. Avez-vous les bons grammes là où il faut, les longueurs, les largeurs qui suscitent l’émoi ? Pour vous mes belles chéries, il y a le visage, le port de tête, le mystère d’une silhouette, les cheveux… Et il doit aussi et beaucoup y avoir les jambes, puis le ventre, les seins et les fesses, ces somptueux corps de chair qui doivent répondre à des proportions savantes que seul l’instinct sait reconnaître. Le seul vrai et bon instinct qui compte et qui est plus fort que tout, celui de la bête qui sommeille en nous ! Sauf que je doute fort que nos amis animaux, ceux qu’on appelle gracieusement les bêtes, aient de tels instincts. En réalité, je n’en sais rien… Ils ne me l’ont pas dit, même si je les aime bien, les animaux. J’aime bien mes instincts aussi.

Pour revenir à notre sujet, j’éviterais pour vous mes lectrices – les seules que j’aime et pour qui je m’efforce de griffonner mes lignes – j’éviterais le corollaire masculin. Je sais que je vais vous décevoir. Je me doute bien que vous avez quelques attentes de ce côté là aussi, en dimensions, gabarits et tout et tout… Après tout, vous y avez droit autant que nous. Je ferme les yeux et vous donne tous ces droits, mais ce sujet, pris de ce côté, m’intéresse aussi peu que la gente masculine que vous vous efforcez tant d’aimer, alors que moi je n’y arrive pas (c’est vrai que je n’essaie pas beaucoup non plus).

Je ne sais plus où je voulais en venir, ou je n’ose pas… Ce sont les convenances qui me freinent ?

Oui… Ça me revient, il suffisait de revoir le titre de cette chronique.

Le sexe, c’est comme la vie. Il faut du souffle, des muscles, du sang et de la chair pour que ça marche, sinon c’est la mort, l’oubli, le désintérêt, la froide vieille solitude…

Le plus inquiétant, c’est quand ça ne marche plus. Quand le désir s’éteint. Celui que l’on peut susciter dans le regard des autres, je pense à vous mes belles, je me mets à votre place, je sens vos inquiétudes et vos doutes qui grandissent dans une proportion inversée au creusement des rides. Et je préfère ne pas penser, là encore, au désir que plus rien ne sait susciter en nous : ce jour là, je ferai mieux d’être mort. D’ailleurs, ça reviendra au même.

Alors en attendant, je me la pose la question. Celle du titre. Je me la pose aussi pour moi, même si cela vous intéresse moins, puisqu’il n’y a que lorsque je m’adresse à vous que je vous intéresse. Oui, je me la pose aussi pour vous. Pour nous tous.

Il y a des vivants qui se mangent entre eux. Nous, nous préférons baiser, communier… Vibrer en fusionnant nos épidermes. Je préfère. En vérité, on ne devrait faire que ça tout le temps. J’espère au moins qu’on rattrapera tous nos temps perdus au paradis. Sinon, je n’y vais pas.

Je vous aime mes lectrices. Si j’ai pu vous rejoindre un peu ces trois minutes de lecture, si vous sentez un petit frisson de plaisir qui vous parcoure l’échine, si l’envie vous prend de faire l’amour… alors oui, sans aucun doute, il y a quelque chose qui s’allume dans votre regard, des cellules qui s’animent dans votre chair, des rayons qui illuminent autour de vous. Tant mieux. Cela veut dire, c’est le message qui s’exprime de vous, que vous êtes fuckable.

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