à la bonne franquette

19 Déc à la bonne franquette

« Allez, on est entre nous », dit-il de son coude qu’il enfonce dans mes cotes. Sa camarade familiarité nous vaut bien ça, avec ses clins d’oeil qui ponctuent toutes les banalités qu’il m’assène avec beaucoup de talent très personnel et d’implication volontaire. Des années de pratique.

Alors on rit, puisqu’il le faut. Faute de mieux ou surtout, pour moi, d’un peu de silence ou, rêvons un peu, de solitude. Ce sont mes rires qu’il recherche, le salaud. Et moi, lâche, je lui livre mes canines et attends que ça passe.

Y a des fois, je lui dis que je ne comprends pas, pour essayer de lui faire comprendre, justement. Sa parade me désarme à chacun de ses « c’était de l’humour ».

Oui, il paraît. Je ne vais pas insister.

Ses envies de légèreté m’écrasent d’ennui et d’envie d’ailleurs, de corps de jolies femmes qu’on embrasse avec silence et recueillement.

Lui, c’est la famille des « Comme-de-bien-entendu ». Les champions du ralliement rapide et collectif aux vérités les plus plates, les plus vraies, donc les plus bêtes.

Mon dieu, me dis-je, pourquoi as-tu créé tant d’hommes aussi médiocres ? Quel échec !

Pas de réponse.

Et moi, dis ?

À qui je pompe tant d’air ?

Réponse ?

Pas de commentaire

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