Un songe

13 Avr Un songe

Je dois essayer de comprendre cette histoire… Je vois une vieille femme, enfermée dans une prison au barreaux épais, au fond d’une cave ou dans les sous-sols d’un chateau médiéval.

Par instinct ou par intuition, j’ai compris qu’il n’y a qu’une seule manière de briser le sortilège qui délivrera la prisonnière, et qui la transformera en femme éternelle, unique et belle, celle qui doit devenir l’amour de ma vie.

Comment ?

En dévoilant le mystère qui m’oppresse encore. C’est à dire, ligne après ligne, en relevant l’un après l’autre les voiles qui obscurcissent ma mémoire et m’empêchent de voir clair. Car c’est à ce moment, à ce moment seulement, que la lumière viendra en moi. Elle éclairera autant mon intelligence que mon coeur pour qu’ils murmurent à mes lèvres la parole qui libère. Cette parole me réveillera, tandis que la métamorphose opérera, en créant la plus belle des créatures qui n’a jamais existé. Les lieux aussi seront transformés : il n’y aura plus de murs, plus d’obscurité, que les caresses du soleil sur nos peaux nues et dorées.

Je ne sais pas si j’ai rêvé ou si un ange a déposé un songe dans mon sommeil ou mon passé. Maintenant, ce sont des images sombres et brouillées qui surviennent, froides comme l’hiver. Un homme se bat contre plusieurs. Il brandit une épée qu’il fait tournoyer dans l’air avant de l’abattre sur la poitrine d’un premier, d’un autre, encore d’un autre, mais les assaillants sont innombrables. Dès qu’elle fait mouche, la lame se transforme en torche brûlante dont la flamme anéantit les opposants et les réduit en cendres.

Le héros tente de se rapprocher du fond de la salle immense où, se dégageant d’un noir profond, je devine la prison qui enferme la captive.

Soudainement, la scène se transforme. Je suis au centre d’une grande pièce. Le sol est recouvert d’une terre noire et dure. Des murs d’une pierre épaisse et humide grimpent vers les voutes d’un plafond si haut qu’il se perd dans le manque de lumière. Mon dos s’est courbé sous le poids des ans, mon pas est lent et pénible. En face de moi, un autre vieillard me fixe d’un oeil triste. Ce n’est plus une épée que je tiens en main mais un candélabre de bois prolongé d’une bougie toujours allumée. Je touche la poitrine du vieillard en face de moi du feu qui arme mon bras. Je vois fondre ses vêtements et l’écorce de sa peau, une lueur pourpre et fluorescente rayonne de son coeur si fort qu’elle me révèle la beauté et la nudité du corps d’un jeune homme. Je suis nu à mon tour. Nous nous rapprochons, nous nous embrassons et nous enlaçons. Nos corps s’enroulent dans une spirale qui nous élève hors du sol et des murs. Loin, vers l’azur. Est-ce un autre ange qui m’emporte vers la belle libérée qui m’attend ?

Est-ce ma mémoire qui m’abuse ou mon esprit qui se perd ? Je n’ai encore dit aucune parole. Je ne parviens toujours pas à comprendre.

à suivre…

Pas de commentaire

Laissez un commentaire